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Hommage à Jean-Robert LINDRON

Cher Gilles, Chère Eliane, Chère Evelyne,

A vous tous ses petits-enfants, arrière petits-enfants et proches

Mesdames, Messieurs,

« Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines »

Le champ des partisans était le sien.

 

Lui, le jeune résistant à peine âgé de 20 ans qui va s’opposer avec toute sa jeunesse, sa force et toutes ses convictions à l’envahisseur

 

La république renaissante était en lui.

 

Un homme, un roc qui avait, on s’en doute, une véritable colonne vertébrale, des convictions fortes, celle de l’esprit de la République, Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité, qui admettait la contradiction, à condition qu’elle soit étayée sur des bases saines et argumentées

 

Cher Jean Robert, tu étais ce que l’on dit indestructible et pourtant tu viens de nous quitter, il est vrai un 14 Juillet, nous laissant bien seuls....

 

 

A tes côtés, nous avons tout appris, de la volonté d’agir, à la justesse du propos et de l’action. Tu n’admettais point l’hypocrisie et le mensonge, et nul doute que si tu avais été à mes côtés ces deux dernières années tu n’aurais pas manquer de fustiger les imposteurs et menteurs d’un trait sanglant.

 

Tout ce que tu touchais, prenait forme entre tes mains et rien n’était laissé au désintérêt ou à l’abandon.

 

Il en est ainsi de tes loisirs, que ce soit la pêche ou la chasse, de l’exercice de ta profession d’enseignant, de ta vocation d’Elu aux services de tes concitoyens au cours de tes longues années à PONTGIBAUD et AYAT-SUR-SIOULE et dans ton action éclairée dans le cadre de la Résistance.

 

Tu ne laissais jamais rien au hasard 5ème garçon d’une famille qui vit ta mère rester seule alors que tu n’étais âgé que de 6 mois

 

Après l’école primaire et secondaire à CHAVILLE près de VERSAILLES où la guerre venue vous vous replièrent dans le PUY-DE-DOME où tu fis tes études pour devenir enseignant (Lycée puis Faculté).

 

« Après les péripéties de la Guerre », ton 1er poste fut à SAINT-ETIENNE-DES-CHAMPS ou tu appris à la fois le plaisir de la pêche et de la chasse, le temps heureux disais- tu avec ton épouse (Gilles venait d’arriver !).

 

A titre confidentiel, chacun doit savoir que non pêcheur au départ, tu revenais souvent bredouille alors que le voisin pêcheur émérite avait un malin plaisir à te faire voir devant ton domicile, les 3 ou 4 truites qu’il venait de prendre.

 

L’apprentissage fut de courte durée au bout de quelques semaines tu fis une prise exceptionnelle de 8 truites que tu alignas consciencieusement devant l’école, où le voisin passait à chaque fois à son retour de pêche.

 

Il ne put que constater les progrès et ne plus passer te voir pour te montrer ses prises.

 

Chasseur émérite, avec « Malika » comme compagnon de chasse, spécialiste du tir précis et rapide, on mettait chaque fois à tes côtés les nouveaux arrivés dans la traque, tu étais celui qui ne négligeait rien et qui n’attendait pas pour tirer.

 

Souvenir, souvenir qui n’a pas entendu tes cris, « tire Michel, tire Michel, tire », et le coup sec qui intervenait alors, l’animal abattu ne laissant pas le temps à ton voisin de traque de tirer !!!

 

C’était toi le tireur, exigeant en tout, encore plus dur avec toi-même, que tu ne pouvais l’être envers les autres.

 

Mais après l’école primaire vint vite le temps, sur proposition de l’inspecteur d’académique de prendre la direction du Cours Complémentaire de PONTGIBAUD, où tu t’illustras une nouvelle fois dans l’apprentissage du savoir à des élèves parfois récalcitrants et qui ont un immense respect pour toi et même une véritable admiration.

 

C’était le temps où l’on disait « si tu ne veux rien apprendre on t’envoie chez LINDRON ».

 

Il faisait signer une décharge aux parents et nombreux sont ceux qui lui doivent d’être des hommes et des femmes reconnus pour leur compétence, leur honnêteté, et leur savoir aujourd’hui.

 

 

 

Un ami de Jean-Robert, chasseur, m’a adressé d’Espagne ce mot d’un ancien élève, trouvé sur Internet :

 

 

 

Jean-Robert Lindron.

Ce nom ne dit rien aux jeunes.

Ce nom est simple comme celui qui le portait et qui vient de mourir à 95 ans.

Et pourtant"Bebert" était un grand homme, un très grand.

Héros de la résistance, principal de collège, maire, président de la fédération des chasseurs du Puy de Dôme.

Il a éduqué, mis dans le droit chemin, inculqué les valeurs de respect, de travail, d'autorité à des générations de jeunes au collège de Pontgibaud.

Merci Monsieur Bebert.

 

J'entends encore votre voix nasillarde "animal, viens me voir" quand j'avais laissé tomber un papier dans la cour du collège. Je ressens encore votre main m''agripper les petits cheveux courts au-dessus de l'oreille pour me faire respecter le règlement... Et j'ai encore mal au souvenir de la seule et unique claque que vous m'aviez appliquée.

 

Merci Monsieur Lindron.

Grâce à vous je suis devenu un homme respectueux et honnête.

Des Bebert, notre société en a grand besoin.

Je crois même qu'elle le demande.

 

 

BEBERT était passé par là avec son épouse qui faisait les repas pour tous JEAN ROBERT (surveillants,enseignants et élèves), BEBERT se chargeant en plus d’aller faire les courses au marché de Fontgiève à CLERMONT-FERRAND, de très bonne heure étant revenu pour faire son cours de maths à huit heures.

 

Principal de collège, il finira sa carrière d’enseignant comme proviseur à GANNAT, enseignant respecté, on ne plaisantait pas avec la discipline, ni avec l’apprentissage du savoir.

 

Il savait se faire aimer et respecter des plus récalcitrants.

 

On n’imagine très bien qu’un tel parcours ne pouvait rester indifférent à la prise de responsabilité communale

 

Tout d’abord à PONTGIBAUD de 1966 à 1995 où il fut adjoint de 1966 à 1971 et Maire de 1971 à 1995, c’est-à-dire élu pendant 29 ans à la commune de PONTGIBAUD, dont à la fin il était principal de collège.

 

Il devait appliquer le principe qui était le sien et qu’il a su transmettre « dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit », chacun devrait s’en inspirer.

 

Agissant avec compétence, rigueur et justice, l’action menée ayant été rappelée par Messieurs les Maires il y a quelques instants.

 

Retraité, il se dirigea alors sur sa commune d’AYAT-SUR-SIOULE où les habitants voulurent qu’il reprit du service de 1995 à 2008, transformant cette petite commune rurale lors d’une réception ministérielle pour le bi centenaire de la mort de DESAIX en l’an 2000. Tout est parfait, tout est fait dans la très grande qualité.

 

JEAN ROBERT peut être fier de son action comme le sont les habitants d’AYAT-SUR-SIOULE de leur commune et de leur maire.

 

Il reste le RESISTANT.

 

Toutes les actions ci-avant décrites lui avaient déjà valu d’être CHEVALIER DES PALMES ACADEMIQUES titulaire des différentes médailles Régionales, Départementales et Communales dont la dernière Grade OR.

 

De par sa compétence, de par sa rigueur Jean Robert fit entrer sa commune au syndicat de Sioule et Morge, devant les nécessités d’investissements très importants de modernisation de réseau, apportant dans la corbeille le captage de Cheire de Côme, première étape de l’adhésion future de la commune de SAINT OURS LES ROCHES, en devint le premier vice-Président, et alors qu’il était le responsable de l’action touristique de la Sioule, il fut membre fondateur du SMAD des Combrailles dont il laissa en 1985 la présidence à un jeune élu et ami reconnaissant.

 

En de très rares occasions, il lui arrivait de se tromper, parfois par générosité, recommandant « un tel » ou « une telle » qui ne manqua pas de trahir sa confiance.

 

A la même époque il devint le Président reconnu de la Fédération des Chasseurs du PUY-DE-DOME de 1991 à 1997 alors qu’il était administrateur depuis 1978 sous l’égide de son ami le Bâtonnier BOURDIER.

 

Mais la résistance fut récompensée par l’attribution de la LEGION D’HONNEUR GRADE DE CHEVALIER le 12 mars 1990 puis d’OFFICIER le 28 novembre 2009.

 

Qui ne se rappelle les moments émouvants de la première remise de la médaille de CHEVALIER en présence de Monsieur Michel CHARASSE Ancien Ministre, son ami.

 

Qui eut cru de voir poindre sur le visage de l’intéressé quelques larmes lorsqu’il parla de son action dans la RESISTANCE et de ses camarades si tôt disparus.

 

Lui, l’inflexible, le dur à la douleur, le très courageux REPUBLICAIN.

 

Devrais-je reprendre les mots du Président de la République le 13 octobre 1993 pour le cinquantenaire de la création de la médaille de la RESISTANCE « Nul n’attend de vous, et je l’attends moins que quiconque, que vous renonciez à votre diversité, d’ailleurs s’y essayer serait vain, ou à vos affinités, ce qui fait que l’on se sent plus proche des uns ou des autres. Mais rappelez-vous que ce qui nous réunit aujourd’hui et toujours, c’est la volonté qui s’est imposée en un moment particulier de notre histoire, de rassembler sous les mêmes couleurs, ceux qui en quelque lieu qu’ils fussent, avaient refusé la servitude. »

 

 

 

Que de sensibilité, de justesse et de tolérance dans le propos présidentiel.

 

Comme JEAN ROBERT, ses camarades Résistants ont su se lever alors que notre pays était occupé pour recouvrer la LIBERTE dont nous jouissons encore en ce jour.

 

Il nous appartient de faire revivre ce souvenir ce qui fut fait localement avec la participation et la création des chemins des sites de la RESISTANCE et alors qu’il était Président du CODURA et Vice-président de la Communauté de Communes COEUR DE COMBRAILLES, Maître d’Ouvrage.

 

La voix est tracée dans la grandeur et le souvenir de ceux qui ont sacrifié leur vie pour que nous vivions libres.

 

 

Cher Gilles, Chère Eliane, Chère Evelyne, chers enfants, petits-enfants, arrière petits-enfants, à vous toutes et tous de sa famille :

Tous nos concitoyens vous présentent leurs très sincères condoléances devant la disparition de ce très grand républicain et résistant.